Bienvenue et merci Loic pour ce post d'un domaine dont j'étais certain d'avoir déjà croisé les vins.
Petit détour sur le site de Pizay:
Cette cuvée spéciale est élevée pendant douze mois dans six foudres de chêne de 2 500 litres, les six barriques… Mais Sybarite est d’abord une référence à ces disciples d’Épicure qui fondèrent une école philosophique à Sybari en Italie du sud. Ils prônaient la recherche du plaisir dans de justes proportions… Ce Morgon contribue à poursuivre cette noble ambition.
Jusque là, tout va bien.
Drapé dans sa toge de velours grenat, il semble impénétrable ! Sombre, profond, il affiche son sérieux mais un sourire de reflets violines laisse deviner sa générosité.
Là, on sent que la personne en charge des fiches de dégustation est joueuse...
Ce pressentiment de richesse cachée se confirme avec la prise de nez, immédiate et puissante, complexe et mature. Les épices s’imposent d’abord, poivres puissants mais non irritants, pointe de gingembre frais, ils se mêlent aux bois, bois frais, chênes fins, ornés de tabac blond. Puis viennent les fruits à l’eau de vie, framboises, cerises avec leurs noyaux. Des effluves de miel frais, brun, délicatement acre et des parfums de fleurs printanières, primevères bien ouvertes et violettes fanées nous laissent dans la fraicheur d’un sous-bois.
...et ce qui devait arriver arriva. Ça part en cacahuètes, elle lâche les chevaux. Différencier l'arôme de cerise avec et sans son noyau est une prise de risque que je salue!
Il révèle sa plénitude en bouche. Il s’engouffre et roule de plaisir dans tout le palais. Il ‘morgonne’ dans la soie. Buvabilité à l’état pur, difficile de ne pas l’aimer, impossible de le retenir, il veut nous faire accéder à l’amour qu’il distille. La finale se fait longue et douce, tout juste ponctuée d’une touche de tanins, discrets mais sérieux comme une promesse de garde plus que décennale faite à ceux qui auront la patience de l’attendre.
Et alors là, on est carrément dans un lyrisme de littérature rose qui me fait dire que Greg en est l'auteur!
En tout cas, ça change de fiches plates et normées et ça donne envie de déshabiller la bouteille.