Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
Si les néophytes s'enfuient souvent (ou s'ennuient !) devant des amateurs parlant de vin, c'est aussi et surtout dû à l'utilisation d'un vocabulaire spécifique, quelquefois académique, souvent imagé (mais pas évocateur pour autant), parfois pompeux.
L'objectif de ce sujet est de démystifier tout ça, et de voir que l'on peut très bien commencer à parler de vin avec un vocabulaire réduit, que l'on étendra par la suite ...
Il me semble judicieux, pour ceux qui débarquent dans le monde du vin, d'aller au préalable faire un petit tour sur le sujet "Introduction à la dégustation".
Une fois que c'est fait, n'hésitez pas à partager ici les mots qui vous plaisent, vous parlent, ou au contraire ceux qui ne veulent rien dire ...
L'objectif de ce sujet est de démystifier tout ça, et de voir que l'on peut très bien commencer à parler de vin avec un vocabulaire réduit, que l'on étendra par la suite ...
Il me semble judicieux, pour ceux qui débarquent dans le monde du vin, d'aller au préalable faire un petit tour sur le sujet "Introduction à la dégustation".
Une fois que c'est fait, n'hésitez pas à partager ici les mots qui vous plaisent, vous parlent, ou au contraire ceux qui ne veulent rien dire ...
Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
Dans le billet d'introduction à la dégustation on a déjà vu quelques-uns des mots pour évoquer l'acidité.
J'utilise plat ou mou quand le vin en manque.
Au contraire, quand il en a plutôt en excès, j'utilise ciselé (quand je veux me la péter) vif, voire mordant ou tranchant.
Et vous, quels termes utilisez-vous ?
J'utilise plat ou mou quand le vin en manque.
Au contraire, quand il en a plutôt en excès, j'utilise ciselé (quand je veux me la péter) vif, voire mordant ou tranchant.
Et vous, quels termes utilisez-vous ?
Messages : 31
Enregistré le : 03 janv. 2016 09:44
Je suis d'accord avec toi Eric. Si chacun est libre de multiplier les métaphores concernant un vin, personne ne doit se sentir "pas à la hauteur" pour parler d'un vin. Des mots très simples peuvent suffire.
La 1ère question est= est-ce que j'aime ce vin? Oui/non? Pourquoi?
La 2ème question (optionnelle) est= est-ce que ce vin me fait penser à quelque chose?
Ces 2 questions peuvent déjà aider à donner un avis sur un vin. Il n'est pas indispensable d'attribuer une note dans un 1er temps.
La 1ère question est= est-ce que j'aime ce vin? Oui/non? Pourquoi?
La 2ème question (optionnelle) est= est-ce que ce vin me fait penser à quelque chose?
Ces 2 questions peuvent déjà aider à donner un avis sur un vin. Il n'est pas indispensable d'attribuer une note dans un 1er temps.
Messages : 5977
Enregistré le : 02 nov. 2015 22:12
Quand le vin manque trop d'acidité, je dis qu'il s'agit d'un viognierEricC a écrit :Dans le billet d'introduction à la dégustation on a déjà vu quelques-uns des mots pour évoquer l'acidité.
J'utilise plat ou mou quand le vin en manque.
Au contraire, quand il en a plutôt en excès, j'utilise ciselé (quand je veux me la péter) vif, voire mordant ou tranchant.
Et vous, quels termes utilisez-vous ?
Sinon ciselé je ne l'utilise pas en rapport avec l'acidité, mais plutôt quand le vin est élégant, d'une "architecture" fine.
Bon alors, que veut dire "architecture" ... ?
Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
C'est clair, la notation est tout sauf nécessaire ...
Messages : 3707
Enregistré le : 02 nov. 2015 11:29
Vaste problématique.
Ce qui est dommage, c'est de croire que plus le discours sera complexe, lyrique et plus il y aura pertinence et légitimité pour commenter un vin...ou tout autre produit alimentaire.
En réalité, la description d'un vin peut être fait de manière ultra basique. Pour cela, il faut se faire confiance et s'autoriser à.
J'entends parfois des avis de curieux totalement profanes, absolument bluffants d'intérêt.
A titre personnel, voici pêle-mêle quelques mots que j'apprécie (pour le moment):
- superbe rebond dynamique (en milieu de bouche quand soudain l'acidité donne du peps dans la bouche et une sensation tactile d'allonge)
- belle acidité (quand l'acidité n'est pas "pas belle")
- végétal noble (pour définir des sensations d'amertumes agréables comme le pamplemousse ou certaines herbes)
c'est clair?
Ce qui est dommage, c'est de croire que plus le discours sera complexe, lyrique et plus il y aura pertinence et légitimité pour commenter un vin...ou tout autre produit alimentaire.
En réalité, la description d'un vin peut être fait de manière ultra basique. Pour cela, il faut se faire confiance et s'autoriser à.
J'entends parfois des avis de curieux totalement profanes, absolument bluffants d'intérêt.
A titre personnel, voici pêle-mêle quelques mots que j'apprécie (pour le moment):
- superbe rebond dynamique (en milieu de bouche quand soudain l'acidité donne du peps dans la bouche et une sensation tactile d'allonge)
- belle acidité (quand l'acidité n'est pas "pas belle")
- végétal noble (pour définir des sensations d'amertumes agréables comme le pamplemousse ou certaines herbes)
Messages : 1341
Enregistré le : 29 oct. 2015 17:47
Plus que la description de l'aromatique, je pense que lors de la description d'un vin il faut surtout parler de l'architecture et de la définition du vin : acidité, astringence, sucré, salé, amer, de sa matière, de son volume, de sa longueur, sa largeur, son épaisseur, sa texture, sa maturité, son équilibre ...
Je trouve toujours incroyable les gens qui sont capables de sortir plus de 5 arômes dans un vin.
Et pour ma part je préfère surtout parler de familles aromatiques : empyreumatique, animale, fruitée, végétale, ... Cela est moins précis mais laisse une marge d'erreur dans la description. Car qu'importe que ça sente la fraise des bois, la mûre ou la framboise, l'important c'est de savoir que les fruits rouges sont présents.
Je trouve toujours incroyable les gens qui sont capables de sortir plus de 5 arômes dans un vin.
Et pour ma part je préfère surtout parler de familles aromatiques : empyreumatique, animale, fruitée, végétale, ... Cela est moins précis mais laisse une marge d'erreur dans la description. Car qu'importe que ça sente la fraise des bois, la mûre ou la framboise, l'important c'est de savoir que les fruits rouges sont présents.
Messages : 3707
Enregistré le : 02 nov. 2015 11:29
Totalement d'accord pour privilégier les saveurs plutôt que les arômes. Un vin en bouche extraordinaire, sera toujours un bon moment, quand bien même son nez et sa rétro olfaction auront éte mutiques. Tandis qu'un nez splendide ne pourra faire oublier une bouche et un équilibre des saveurs désastreux.ArnaudV a écrit :Plus que la description de l'aromatique, je pense que lors de la description d'un vin il faut surtout parler de l'architecture et de la définition du vin : acidité, astringence, sucré, salé, amer, de sa matière, de son volume, de sa longueur, sa largeur, son épaisseur, sa texture, sa maturité, son équilibre ...
Néanmoins, les arômes participent pleinement aux plaisirs et leurs descriptions verbalisées et à haute voix, peuvent s'avérer utiles pour mémoriser nos goûts, et pour définir certains marqueurs de maturité, sous maturité, de vinification et d'élevage.
Je te rejoins. A ceci près que la capacité des gens à recenser plus de 5 arômes n'est en rien synonyme de justesse d'analyse et perception. Ils se permettent simplement de...recencer subjectivement au gré de leurs souvenirs, références et SEUIL DE PERCEPTION DE CERTAINS ARÔMES.ArnaudV a écrit : Je trouve toujours incroyable les gens qui sont capables de sortir plus de 5 arômes dans un vin.
Et pour ma part je préfère surtout parler de familles aromatiques : empyreumatique, animale, fruitée, végétale, ... Cela est moins précis mais laisse une marge d'erreur dans la description. Car qu'importe que ça sente la fraise des bois, la mûre ou la framboise, l'important c'est de savoir que les fruits rouges sont présents.
On sait que l'égalité entre les gens face aux arômes (et saveurs) est un mythe. D'ailleurs Kris94 ou Kristel-laure ( c'est la même personne, elle trolle déjà
Mais bon, on a encore le droit en France de dire que ce Chablis sent la bergamote de Sicile, le zeste de pamplemousse d'Israel, le jasmin du nord de l'Inde, la cacahouète du Connecticut et le poivre de Madagascar; sans que quiconque ne puisse rétorquer que c'est faux ( sauf le chimiste qui aura fait ressortir les familles de molécules et d'atomes...là même le plus grand dégustateur du monde -moi- sera comme un couillon).
Je me réserve donc le droit de sortir 10 arômes et quantifier au millième de seconde près la caudalie d'un vin
Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
sebovino a écrit : En réalité, la description d'un vin peut être fait de manière ultra basique. Pour cela, il faut se faire confiance et s'autoriser à.
J'entends parfois des avis de curieux totalement profanes, absolument bluffants d'intérêt.
A titre personnel, voici pêle-mêle quelques mots que j'apprécie (pour le moment):
- superbe rebond dynamique (en milieu de bouche quand soudain l'acidité donne du peps dans la bouche et une sensation tactile d'allonge)
- belle acidité (quand l'acidité n'est pas "pas belle")
- végétal noble (pour définir des sensations d'amertumes agréables comme le pamplemousse ou certaines herbes)
c'est clair?
Pamplemousse pour végétal (ou vice-versa) ?
Bizarre, non ?
A part ça, je pense que "superbe rebond dynamique" ne parle pas au béotien
Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
Blabla et vin, chez Sandrine
Puis, toujours discutant, nous en arrivons au « bouquet ». Pour moi, c’est un mot qu’on utilise pour parler des arômes de vieillissement d’un vin (bouquet secondaire puis tertiaire), pour Manu il ne peut s’agir de bouquet que pour les vins vieux (tertiaire).
Je vérifie donc, cherche, fouille et … aucun de nous n’a tort: selon les sources, ma version ou la sienne se retrouvent.
Super: si même sur des mots hyper codifiés normalement on n’arrive pas à trouver un consensus, on est mal.
Manu et moi, on ne parle pas pareil de vin: lui décrira « une forte présence de brett » quand moi j’emploierai plutôt « des odeurs de cuisses de vieille femme pas lavée depuis deux jours ». On parle pourtant de la même odeur: différence d’école.
Messages : 3707
Enregistré le : 02 nov. 2015 11:29
Comment ne pas être d'accord. Du vocabulaire qui nous emprisonne et nous solitarise (de solitaire), isole. Je dirai même que le formatage a de ceci d'ironique qu'on verbalise des odeurs avec des references que l'on a jamais senti soi-même. Le risque de ne pas s'écouter est grand et dire "brett" dès qu'une odeur suspecte et non identifiée surgit. Pierre à fusil, coquille d'huitre. Qui a deja senti? Non vraiment senti, j'ai dit?EricC a écrit :Blabla et vin, chez SandrinePuis, toujours discutant, nous en arrivons au « bouquet ». Pour moi, c’est un mot qu’on utilise pour parler des arômes de vieillissement d’un vin (bouquet secondaire puis tertiaire), pour Manu il ne peut s’agir de bouquet que pour les vins vieux (tertiaire).
Je vérifie donc, cherche, fouille et … aucun de nous n’a tort: selon les sources, ma version ou la sienne se retrouvent.
Super: si même sur des mots hyper codifiés normalement on n’arrive pas à trouver un consensus, on est mal.
Manu et moi, on ne parle pas pareil de vin: lui décrira « une forte présence de brett » quand moi j’emploierai plutôt « des odeurs de cuisses de vieille femme pas lavée depuis deux jours ». On parle pourtant de la même odeur: différence d’école.
Messages : 5977
Enregistré le : 02 nov. 2015 22:12
Tu pouvais te contenter d'"isole"nous solitarise (de solitaire), isole
Quelqu'un peut confirmer que les vins brettés sentent comme ça ?des odeurs de cuisses de vieille femme pas lavée depuis deux jours
Messages : 2208
Enregistré le : 31 oct. 2015 00:01
Ce ne sont pas les 2 exemples les plus exotiques qui me viennent, parce que la coquille d'huitre, bon, ça n'est pas si improbable que ça, et pierre à fusil, ça évoque aussi des cailloux frottés l'un contre l'autre, ce que beaucoup de gamins ont fait un jour ou l'autre.sebovino a écrit : Comment ne pas être d'accord. Du vocabulaire qui nous emprisonne et nous solitarise (de solitaire), isole. Je dirai même que le formatage a de ceci d'ironique qu'on verbalise des odeurs avec des references que l'on a jamais senti soi-même. Le risque de ne pas s'écouter est grand et dire "brett" dès qu'une odeur suspecte et non identifiée surgit. Pierre à fusil, coquille d'huitre. Qui a deja senti? Non vraiment senti, j'ai dit?
Mais sinon, oui, bien sûr que l'on peut trouver des termes qui sont issus d'une convention, et non d'une réelle expérience personnelle. C'est aussi ce qui rend la chose intéressante, cette construction d'un langage commun : comme me le demande ma fille de temps en temps, pourquoi appelle-t-on "chaise" une chaise ? Là c'est pareil : tu sens quelque chose sur un vin, un compagnon de dégustation te demande "tu trouves pas que ça sent le chèvrefeuille ?", et puis tu enregistres cette info, plus ou moins consciemment. Et tu le ressors plus tard ...
Il n'en reste pas moins que la rédaction de compte-rendus de dégustation peut donner l'impression de tourner en boucle, et c'est pour ça que ce n'est pas l'exercice qui m'amuse le plus ...
Messages : 3707
Enregistré le : 02 nov. 2015 11:29
Sur la coquille d'huitre: Je l'utilise mais c'est effectivement par pure convention et faiéantise, voire 0 prise de risque. C'est dommage. En même temps, quand tu vois la tronche que font les vignerons quand tu leurs dis que leur chablis à des arômes et goûts de crevette miellée ou de marée basse, tu reviens vite sur la coquille d'huitre que tu n'as jamais réellement reniflée. Mais c'est tellement plus classe l'odeur d'une spéciale n°1, tellement plus luxueux que tu leur fais ce petit plaisir...EricC a écrit : Ce ne sont pas les 2 exemples les plus exotiques qui me viennent, parce que la coquille d'huitre, bon, ça n'est pas si improbable que ça, et pierre à fusil, ça évoque aussi des cailloux frottés l'un contre l'autre, ce que beaucoup de gamins ont fait un jour ou l'autre.
Mais sinon, oui, bien sûr que l'on peut trouver des termes qui sont issus d'une convention, et non d'une réelle expérience personnelle. C'est aussi ce qui rend la chose intéressante, cette construction d'un langage commun : comme me le demande ma fille de temps en temps, pourquoi appelle-t-on "chaise" une chaise ? Là c'est pareil : tu sens quelque chose sur un vin, un compagnon de dégustation te demande "tu trouves pas que ça sent le chèvrefeuille ?", et puis tu enregistres cette info, plus ou moins consciemment. Et tu le ressors plus tard ...
Il n'en reste pas moins que la rédaction de compte-rendus de dégustation peut donner l'impression de tourner en boucle, et c'est pour ça que ce n'est pas l'exercice qui m'amuse le plus ...
Sur la rédaction de CR: Oui, ça tourne tellement en boucle que ce n'est plus crédible. Ca rassure, ça évite de parler de ses émotions et ressentis, ça valorise l'auteur car il est tout de suite compris par l'autre mais c'est relativement plat. D'ailleurs, je relisais qlq Cr'sur
LPV et je me disais en fin de compte que ces vins ne me parlaient pas. Impossible d'en définir un style et des images aromatiques.

